4 juin 2018

La procrasti…quoi ?

 

Je fais partie des 50% des personnes qui préfèrent se débarrasser tout-de-suite-là-maintenant des corvées pour avoir l’esprit tranquille et pouvoir se consacrer ensuite aux choses plus agréables. En revanche, j’ai autour de moi quelques jeunes adultes de mes enfants qui optent pour la solution inverse : ils commencent systématiquement par les choses plaisantes pour terminer par les plus embêtantes. Ça n’est pas un problème en soi, chacun étant libre de fixer le niveau d’utilisation efficace de son temps. En effet, certains attendent que les planètes soient bien alignées ou que le déclic se fasse pour accomplir une tâche qui finit par être faite sans qu’ils soient stressés par leur tempo personnel.

En revanche, cela devient problématique quand la procrastination s’interpose entre nous et nos rêves ou nos obligations d’accomplissement. Quand on sent que l’on a envie ou besoin de faire des choses, que l’on en serait fière et content mais qu’une force invisible nous en empêche et que cela est source de culpabilité, de stress, d’insatisfaction, voire de honte.

 

 

Alors, pourquoi on procrastine ?

Un des principaux facteurs qui pousse à la procrastination est l’anxiété. Le fait de différer une action est un équivalent de comportement d’évitement, qui annule transitoirement le stress qui lui est associé.

 

L’incertitude et l’insuffisance de maîtrise de la situation sont des éléments déterminants. Ne pas bien cerner à l’avance l’ensemble du problème à affronter, ne pas savoir combien de temps il va falloir y consacrer et surtout ne pas avoir une expérience antérieure de la même tâche et donc de sa réalisation constituent des obstacles majeurs au déclenchement de l’action, surtout quand on manque de confiance en soi. Ainsi, chaque fois qu’on aura le choix entre une action incertaine où l’on risque de s’enliser et une action que l’on maîtrise, on choisira la seconde évidemment.

 

Au-delà du manque de maîtrise d’une situation, un problème de fond explique souvent les habitudes de procrastination : une faible estime de soi et son corollaire, le perfectionnisme. Vouloir trop bien faire, pour se prouver sa propre valeur dont on doute en réalité, crée rapidement un cercle vicieux : placer la barre trop haut conduit fatalement à ne pas l’atteindre, ce qui finit par altérer encore plus l’image que l’on a de soi-même. Cette course à la perfection empêche d’agir, et elle peut même directement fabriquer de la procrastination : plutôt que de se confronter à un possible échec, on préfère, même sans vraiment s’en rendre compte, ne pas essayer du tout.

 

La question du temps est centrale dans la procrastination, puisqu’on est toujours en retard. Les personnes concernées ont souvent un problème avec l’estimation du temps que peut prendre telle ou telle action, avec une franche tendance à en sous-estimer la durée nécessaire, et à surestimer le temps restant avant la dernière limite. Cela peut s’apparenter à un excès d’optimisme, ou parfois aussi à la politique de l’autruche : avec l’intuition du retard que l’on commence à prendre, on préfère ne pas y penser et ne pas se confronter à la réalité. Ainsi, on s’y prend trop tard et on se sent dépassé, non pas parce que la tâche était trop difficile mais parce qu’on n’y a pas consacré assez de temps.

Plutôt que de se lancer en retard dans une tâche importante, on en préfère une autre, moins importante mais plus abordable, moins complexe ou plus agréable. Ceci avec un prétexte permettant de se déculpabiliser, du type : « Il faut vraiment que je le fasse maintenant, ça ne peut pas attendre. » Et, de fausses urgences en fausses urgences, les choses vraiment nécessaires sont repoussées aux calendes grecques.

 

 

La peur est un autre frein important dans la procrastination. On fuit l’action car elle comporte un risque. Et comme notre cerveau est câblé pour assurer notre survie en nous protégeant, le mécanisme d’évitement se met en place puissamment.

 

 

Enfin, le dernier facteur de procrastination est, paradoxalement, une tendance à l’hyperactivité et l’agitation. Quand celle-ci est désordonnée avec de réels problèmes d’attention, le risque est de ne pas pouvoir construire une action de manière continue du début à la fin. Une distractibilité excessive conduit à passer effectivement en permanence d’un sujet à l’autre, et ainsi ne réaliser aucune tâche complètement

 

 

Astuces.

La grande résolution « J’arrête complètement de procrastiner dès aujourd’hui » n’a pas de sens et est plutôt contre-productive. Sans préparation ni plan d’action, vous risquez d’échouer très vite, de vous décourager en culpabilisant et de ne plus pouvoir vous attaquer au problème avant longtemps… Il faut passer par une procédure raisonnée et ciblée. Moins procrastiner pour les choses qui vous tiennent à cœur dépend à 100% de vous.

  • Vous avez la main sur vos pensées (si, si !). Lorsque vous vous projetez dans l’action à accomplir, changez les pensées qui y sont associées. Cela enclenchera une émotion nouvelle qui découlera sur une gestion de l’action différente.
  • Faites-vous des To-Do liste en bêton armé. Établissez des priorités en fonction des paramètres suivants : le degré d’urgence et d’utilité de la tâche à réaliser d’une part, et le niveau de difficulté et de pénibilité d’autre part.
  • Mettez en place un système de récompense immédiate une fois l’action accomplie.
  • Posez-vous la question de comment rendre l’action amusante (ou moins barbante), plus agréable.
  • Ne perdez jamais de vue pourquoi vous devez faire ce que vous avez à faire. Viser l’objectif final (Finir un dossier que l’on a du mal à finaliser permet de garder son job, organiser une soirée d’anniversaire permet de prouver à son amoureux qu’on l’aime, ranger la pile de papier qui prend la poussière depuis des lustres permet d’y voir clair, par exemple).
  • Pratiquez le « confort dans l’inconfort ». Abordez l’action avec courage en admettant qu’il y a un risque de déception ou d’échec, de honte ou de tristesse. Mais admettez que si l’on veut grandir et progresser il est important de sortir de sa zone de confort en prenant des risques mesurés. L’inconfort et le doute peuvent être des moteurs très puissants pour faire appel à votre créativité pour avancer.

 

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